Isabelle FOSSARD

Dans cette page, vous trouverez un recueil des termes utilisés dans le métier : matières, couleurs, techniques, créateurs, éditeurs… 
Outre mes textes personnels, je m’appuie sur un ouvrage que j’apprécie beaucoup : «Le guide des tissus d’ameublement» de Manuel Canovas, ainsi que sur le glossaire de Declercq Passementiers et le livre «Tapisserie d’Ameublement» de Claude OSSUT.

Ce répertoire sera enrichi au fil du temps avec quelques illustrations, lorsque ce sera possible… 
Si des questions vous venaient à l'esprit , je vous invite à m’écrire et je ferai en sorte d’introduire la définition qui vous intéresse.

.

i

Indiennes : Toutes les cotonnades imprimées arrivant par la mer des Indes orientales s’appellent « indiennes » dès le XVIIe siècle. Elles partaient du Mazulipatam et de la côte de Coromandel. Déjà, à l’époque de Marco polo, les indiens exportent leurs étoffes, peintes ou imprimées, chez les perses. Puis au japon où les indiennes ou « sarasa », dès le XVIe siècle, font fureur.

A partir de 1670, à travers le commerce des Compagnies des indes, l’Europe découvre les splendeurs de l’Orient , et, entre autres, les fameuses toiles de coton. Nobles, courtisans, tout le monde en veut, en tentures, en rideaux ou, comme M. Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme, en robe de chambre !

Les teinturiers français essayent bien de les imiter, mais n’aboutissent qu’à des piètres résultats. Les deises sortent en masse. Les fabricants traditionnels, soyeux de Lyon ou drapiers normands, commencent à se fâcher.

En 1686, l’Etat se voit obligé un édit de prohibition : interdiction d’importer des toiles des Indes, interdiction d’imprimer sur étoffes, interdiction de porter des indiennes. Contrebande et « marché noir » s’installent. Même la Pompadour en s’affichant «en indienne » participe à cette polémique qui durera soixante-treize ans. En 1759, le ban est levé On va bientôt maîtriser l’impression en France. Les indiennes perdront alors de leur mystère.

Aujourd’hui, le terme d’indienne englobe tous les tissus imprimés à ramages d’une facture un peu ancienne. Signalons aussi que les indiennes eurent un rôle plus ingrat que celui de décorer les demeures raffinées ou d’habiller les élégantes. Réexpédiées sur les côtes d’Afrique, elles servaient au même titre que la verroterie, de monnaie d’échange pour la traite des esclaves. D’où le nom d’« indiennes de traite ».   

copyright
Dico de la Deco